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CHARRAY

La commune:

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Charray, commune du canton de Cloyes, au sud du département de l'Eure et Loir, à la limite du Loir et Cher.

Charray dit autrefois Cerrettum puis, Cherai en 1250, Charuetum, Charretum en 1626, d'où Charré, orthographe primitive du nom de la commune qui est une ancienne seigneurie, s'est construit à cheval sur la D924.

La commune a une superficie de 1098 hectares ainsi répartis :
- 950 hectares de terres cultivables.

- 148 hectares de bois, landes et marais.


La commune est composée de 2 hameaux... :

- Villefleurs constitué de 2 fermes, hameau où il existe de nombreuses ruines gallo-romaines qui s'étendent à travers la plaine. Découverte aussi de poteries rouges ornées de reliefs, des clefs, des monnaies romaines, des silex taillés (hachettes), et aussi un buste de Scipion l'Africain en bronze.

Un aveu de 1586 mensionne: "la métairie de Villefleur, paroisse de Charray, consistant en hébergement, cour, courtil, fontaine, viviet, gaste, le tout contenant 3 mines, avec 78 septiers de terre labourable". Villa Floris dès 1186 et villefleur en 1372.

- Thierville, possède aujourd'hui un château, une ferme et deux maisons d'habitation. En 1880, 5 ménages habitaient 4 maisons. Au total seize personnes habitaient ce château. Terrevilla en 1247, Terreville en 1375.


... Et de plusieurs lieux-dits :

- Beaulay, ferme qui ne comprenait qu'une maison habitée par une seule famille de six personnes.

- Le Moulin Rouge, ferme et ancien moulin, qui comprenait deux maisons et deux familles pour un total de douze membres en 1880.

- La Fressurière, ferme qui ne comprenait qu'une maison habitait par une famille de deux membres en 1880.

- Le Grand Saint Laurent, ferme dont le nom rappelle une ancienne maladrerie qui a été à l'hospice de la Ferté-Villeneuil en 1695. En 1372, le lieu fût Saint-Laurent de la Ferté.

- Nonainville, ferme qui ne comprenait qu'une maison et q'une famille de cinq membres, 1880.

-Le Moulin de Charray, moulin à eau mentionné dans une charte de 1230, comprenait une seule maison habitée pas une famille de six personnes en 1880.

- Le Moulin Haton, moulin sur la rivière d'Aigre, comprenait une seule maison, pour une famille de huit personnes.

- Le Moulin de Saint-Laurent, moulin de la rivière d'Aigre, comprenait une seule maison habitée par une famille de neuf personnes.


La Chapelle Saint-Laurent:

C'est une ancienne léproserie. Les voutes ont disparu mais subsitent encore le choeur, la fenêtre ogivale à triple lancette (arc brisé aigü) signe caractéristique du style gothique, qui éclair le chevet. Désormais, cette chapelle est transformée en grange.

A la léproserie Saint-Laurent où passe une voie romaine, il fût découvert des ossements, un seau en bronze du Moyen-âge etc...

En 1902, on peut lire : " N'oublie pas la chapelle de la léproserie de Saint-Laurent, qui existe encore à peu prés en son sentier. La grande fenêtre ogivale à triple lancette, qui en orne le chevet, a le caractère de l'architecture de transition du XIIème siècle. Sous la cour de la léproserie, on remarqué avant 1870, d'immenses caves, aujourd'hui comblées, dont les voûtes étaient soutenues par des colonnes avec chapiteaux romans.

Sous le rapport juridique comme sous le rapport féodal, la Ferté relevait de la coutume générale de Blois et de la coutume locale de Dunois. Le seigneur avait le droit de haute, moyenne et basse justice. De la justice de la Ferté dépendaient les villages de Villeloyau, Mézières, Villervaux, Héauville, Saint-Laurent, Villefleurs, Le Moulin Rouge, La fréssurière, la Fontaine-Saint-Georges, Herbouville-la-Beaucière et Herbouville-la-Bredache.

La justice de la Ferté ressortissait au baillages et siège présidial de Blois.

La Ferté possèdait une léproserie. Celle-ci, il est vrai, était située sur le territoire de Charray, mais tous les documents, depuis les chartes du XIIème siècle jusqu'aux lettres-patentes de Louis XIV, n'en parle que sous le nom de Saint-Laurent de la Ferté-Villeneuil. D'ailleurs, cette maladrerie n'avait été établie que pour les lépreux de La Ferté, qui seuls avaient droit d'y être admis.

Le 1er document qui en révèle l'existence date de 1192, mais ce document même la suppose beaucoup plus ancienne. "Le fait d'avoir une léproserie est un des signes distinctifs auxquels on reconnaît qu'une agglomération de population possède une existence indépendante et constitue une municipalité". Les maladreries ont presque toujours été créées par la communauté des habitants, avec le concours des seigneurs, hauts justiciers.

Un acte de 1444, par laquel le seigneur disposa de la léproserie comme de son bien propre, pourrait faire croire que notre maladrerie eut une origine exclusivement féodale. Nous pensons que cet acte fût un abus de pouvoir, voila tout.

"La maladrerie de La Ferté de Villeneuil est en la garde du Comte de Blois, et toutefois qu'il y faut mettre, par le congié du Comte de Blois et non autrement. Les frères et les soeurs de ladite maison l'élisent et lui est élu, ils le présentent au Comte de Blois; et le Comte de Blois, le confirme.

La léproserie avait donc la même organisation intérieure que la Maison Dieu. Elle était gouvernée par un maître, de qui relevaient des frères et des soeurs condamnés, dont les biens servirent peu à peu à former le revenu de l'établissement.

La léproserie de St Laurent passa, au XVème siècle, au domaine de l'Abbaye de l'Aumône et, en 1697, fût réuni à l'Hôtel-Dieu de La Ferté.

Chaque année, à la Toussaint, elle percevait 5 mines de blé sur le moulin de Comporté à La Motteraye, et un setier sur le Moulin-Rouge.

Au XVIème siècle, le curé de Charray y disait trois messes par semaine; au XVIIIème siècle, on y célébrait plus la messe qu'une fois l'an, à la fête de St Laurent. Elle fût interdite vers 1760.

St Laurent possédait une garenne enclose de murs, d'une étendue de six arpents. Au milieu de la garenne s'élevait un colombier monumental. En aval de la Léproserie, il y avait un bel étang, qui a été désséché au XVIIIème siècle.

La maladrerie de St Laurent fût, en 1444, annexée à l'Abbaye de Citeaux.

Les maîtres et frères de St Laurent tenaient école dans leur établissement, preuve nous en est donnée dans un acte de 1435, par lequel Etienne Raier, se donnant à St Laurent, avec sa femme et ses enfants, stipule, parmi les conditions, que "iceux maistre et frères seront tenuz iceulx enfans tenir à l'escolle bien et convenablement".

La maladrerie de St Laurent de La Ferté eut part aux largesses du Comte de Blois, Thibault IV. Elle fût mise par lui en posséssion des pressoirs de La Ferté, avec la liberté de jouir de leurs revenus comme lui-même en jouissait.

Louis, fils de Thibault V, succéda à son père dans les comtés de Blois, de Dunois et de Chartres. Le Comte Louis, dans une charte de 1192, par le consentement de Catherine de Clermont, sa femme, et de Thibault, son fils, il confirme à la léproserie de St Laurent les nombreux privilèges qu'elle tenait de son père et de ses aïeux, savoir: la possession des pressoirs de la Ferté et de la Foire de St Laurent; le chauffage des lépreux dans ses forêts; la dime de Saintainville; un sergent de ville à La Ferté; la pêche de sa rivière et 4 livres 10 sols de rente, à percevoir le jour de la recette de cens, qu'ils lui devaient, et ceux-ci le tinrent quitte de 6 deniers de cens qu'ils percevaient sur la seigneurie. Le Comte en outre, leur donna son fief de Favelles.

Le Jeudi d'avant la Chandeleur de l'année 1321, les frères de la léproserie de St Laurent demandèrent au Comte la permission d'élire un des leurs comme maître, en remplacement de Gilles d'Aix, prêtre, qui venait d'être nommé prieur de la léproserie de St Lazare de Blois. Le Comte fit droit à leur demande.

Le 29 Août 1675, Gabriel GUILLEMIN, fût poursuivi et condamné à se départir de la maladrerie au profit de l'ordre de St Lazare, qui en prit possession le 30 Décembre suivant.


L'Aigre:

L'Aigre, paisible rivière nait à Tripleville, est alimentée par l'eau d'une source profonde et abondante, la Canche, ainsi que par de nombreuses autres sources.
Son débit régulier et uniforme tout au long de l'année sauf pendant les périodes de grandes sécheresse, alimente en eau de nombreux moulins, sur la commune, ils étaient 5, tous datés 13ème siècle environ.
- Moulin Rouge est aujourd'hui une ferme.
- Moulin du Petit Saint Laurent, anciennement « Chavanz ».
- Moulin Haton.
- Moulin de Charray, dénommé « le pauvre sac » est toujours en activité.
- Moulin de Seguin a complètement disparu.



Les moulins de la vallée de l'Aigre:

Historique :
Les moulins hydrauliques commencent à s'implanter au 9ème siècle, à l'époque carolingienne.
L'implantation s'intensifie avec l'expansion de l'économie des 11ème et 12ème siècles. A la fin du 13ème siècle, les sites sont fixés en aval de la Canche et ne varieront plus.


Moulin d'Haton :
Datant de 1452, ce moulin possédait 2 paires de meules. La roue a un diamètre de 5.60 mètres. Il est resté en activité jusqu'en 1962.

Moulin de Charray :
Au 13ème siècle, c'est le moulin de Pauvresac.
En 1633, Pierre Sublet, Seigneur de Romilly, fait faire un détournement d'eau par son meunier entre le pont et le moulin de Charray. Il est condamné par le parlement en 1640. En 1753,, Pierre Michon, meunier du moulin de Charray fut condamné à 26 livres d'amende par le « juge » de La Ferté pour avoir rompu la chaussée du moulin et fait un détournement d'eau. Il est vrai qu'il avait agi par ordre de Madame de Lage, dame de Charray.charray_moilin_05-06-09R En 1902, il est le plus riche de la vallée de l'Aigre.
Le moulin est construit en 2 parties : une sur la commune de La Ferté-Villeneuil et l'autre sur la commune de Charray.
Dès 1911, un moteur à vapeur avec cheminée le fait fonctionner, dans les années 1920, un moteur à gaz pauvre remplace l'ancien système, le gaz est obtenu par la combustion du charbon. En 1934, la force motrice était définie de la façon suivante :
- Une turbine hydraulique,
- Un moteur à gaz pauvre Winthertur,
- Une autre turbine servant uniquement à l'entrainement de la dynamo produisant le courant nécessaire à l'éclairage du moulin (ce système existait déjà en 1923).
En 1935, peu de temps après le rachat par la famille Boiron, le moulin brule, il est remis en route en 1936. En 1943, le moulin brule de nouveau.
En 1948, eut lieu le branchement E.D.F., tandis que les moteurs électriques sont mis en place en 1970-1980.
Le changement des appareils à cylindres et les planchisters eut lieu en 1986, pour une remise en route du moulin en 1989.


La Fontaine Saint-Gendulphe:

Thierville 17ème siècle : a cette époque, il y avait un pèlerinage issu d'une coutume ancienne de Charray qui se perpétua pendant des siècles. Un écrit situe, sans certitude, cette coutume au 12ème ou 13ème siècle sous le nom de Saint Gendoul. Les dimanche, de Quasimodo à la Pentecôte, une procession partait de l'église St Marcel et se rendait en une chapelle dite de St Gendoul ou Gendulfe, peut-être celle du château. En effet, un géographe qui mentionne le pèlerinage en 1892, cite la chapelle St Evroult du château de Thierville. A l'origine, ce pèlerinage avait sans doute pour but de traverser un ru à l'eau claire et limpide ayant la réputation de guérir les maladies de peau et les fièvres. Il existait encore en 1960.
Petit oratoire rustique sur une fontaine qui renferme la statue de Saint-Gendufle ou Gebdoul, se trouve dans les bois près du ru de Thierville. En cet endroit, des habitués viennent toujours chercher cette eau qu'il faut puiser sous la dalle, car pour être efficace, elle ne doit pas avoir de contact avec l'air et la lumière ambiante. L'eau pure de la fontaine de Saint-Gendulphe est réputée pour guérir les maladies de peau, les fièvres et les maladies infectieuses.
La dévotion a été christianisée et placée sous le vocable de Saint Gendoul ou Gendulfe probablement le même que Saint Gengufle Seigneur Bourguignon qui a fait jaillir plusieurs sources miraculeuses en Champagne et en Bourgogne.



Saint-Marcou:


Chaque année au premier mai, à lieu, et depuis des temps immémoriaux dans cette église, le pèlerinage de Saint-Marcou. Autrefois, le pèlerinage avait lieu le 1er dimanche du mois de mai. Saint Marcou était un abbé bénédictin, né à la fin du 5ème siècle, en Normandie et mort à Nanteil en 558. Il a sauvé des âmes et accompli de nombreux miracles tant et si bien que sa renommé s'est étendue rapidement.
Les promeneurs chantaient « c'est moi l'Marcou, qui guérit tout ... »
Les reliques de Saint-Marcou ont été dispersées en cinq lieux différents et notamment à Charray.
Son culte débuta au 17ème siècle, sa spécialité est de guérir les pèlerins des maux purulents.
Une affluence de pèlerins venant implorer Saint-Marcou autour d'une de ses reliques. Le jour du pèlerinage, 6 messes sont célébrées toutes les heures à partir de 6 heures 30, chaque pèlerin y assiste muni d'un cordon béni et en fin de cérémonie, le prêtre fait l'imposition de ses mains sur tous les pèlerins. Ensuite chaque pèlerin fait toucher le cordon par le Saint et sa relique. Puis ce cordon sera porté par le malade pendant 9 jours.



Château-fort:

A la sortie de Charray vers Blois par la D924, où s'élève une ferme, un château-fort a aussi existé. Il reste quelques éléments constitutifs de sa construction.



Château de Thierville:

Proche de la vallée de l'Aigre, intégré à la commune de Charray, le château de Thierville apporte un cachet supplémentaire à une région fort agréable. Au 9ème et 10ème siècle, il fallait se défendre et des tours de pierre étaient construites à cet effet. Thierville (Terravilla) a probablement eu la sienne dans la cour de l'ancienne Villa. Démolie, ses pierres ont vraisemblablement été utilisées pour construire le pigeonnier actuel.
En 1241, un parchemin, premier document écrit, citait Terravilla comme dépendant de l'Abbaye Saint Florentin de Bonneval. Puis c'est la fameuse guerre de cent ans 1337-1453. Thierville fût surement protégée par un château-fort ayant laissé pour traces les tours actuelles qui flanquent le bâtiment central. Celles-ci, dont trois de cette époque (14ème siècle), ont gardé leur aspect guerrier, mais c'est la tour sud-ouest la plus caractéristique avec ses meurtrières pour recevoir des couleuvrines (ancêtres des canons). La quatrième semble plus récente, 18ème siècle, peut-être par gout de la symétrie.
14ème au 16ème siècle : en 1371, c'est la famille Des Personnes qui entre au château avec Guillaume, suivi de jeacharray_chateau_de_thiervilleRn et de Pierre 1er. Vraisemblablement des chefs de guerre car c'est la période des combats entre les Seigneurs et les Anglais qui sillonnent toujours le pays.
Le suivant, Pierre II, époux de Jeanne Du Puy, travaille à Châteaudun au service du Cardinal Jean d'Orléans qui, très riche, participe à la modernisation du château de Thierville. Il fait construire une chapelle qui existe toujours. La fenêtre est gothique, et la porte renaissance. Le château fort devient maison de plaisance.
La famille Des Personnes est nombreuse : voici Claude, puis Jean, ils laissent peu de traces. Une de leurs deux sœurs, Marguerite, épousa en 1517, Jean de Prunelé dont la famille est bien connue dans la région dunoise. Ne voulant pas énumérer tous les noms des différentes familles, je vais porter à votre connaissance celles qui influencèrent Thierville.
Claude Des Personnes, morte jeune, avait épousé Jean de Menou en 1551. La famille de Gaignon, dont François avait épousé Marie de Menou est citée en 1581. Cette famille était en parenté avec le célèbre poète Ronsard qui se plaisait dans la région.
Vers 1625/1640, arrive le seigneur de Bonsergent. Avril 1660, la famille Courtin s'installe et possède le domaine jusqu'en 1720. Dans la généalogie de cette famille, le nom d'Estampes est plusieurs fois cité. Suit le seigneur Alexandre de Laage qui a épousé Anne Courtin en 1705. Ce couple modifie totalement l'ancien château fort qui devient méconnaissable.
Après démolition, la façade Est est remplacée par celle qui, bien dessinée, existe actuellement. Le toit, supprimé est rehaussé. Beaucoup de fenêtres sont remplacées et ornées, d'autres sont conservées. Terrasses et jardins sont aménagés. A cette époque, ce domaine est très important. Le pigeonnier a 1900 cases. 1 case correspondait à 1 arpent de terre, soit 43 ares. Sa justice est très étendue. Alexandre de Laage meurt à environ 70 ans.
Son fils Alexandre II hérite de Thierville. Il semble avoir continué les travaux extérieurs. Pour l'intérieur, le grand salon, la cheminée, les chambres et autres modifications, dont les décorations, pourraient être son œuvre et aussi celle de son successeur.
Le vandalisme recommence, Alexandre de Laage se fatigue et à 60 ans passés, il vend en parcelles le domaine au mois de juillet 1873. Le château est adjugé 55200 livres, le tout rapporte 158000 livres. L'acquéreur était Jean Jacques de Loyne d'Auteroche ; militaire, il quitta l'armée en 1789, et venait peu à Thierville où il mourut en 1807. Sa veuve, madame des Marais, conserve le domaine, loue les terres et fait quelques legs à la commune de Charray. Après sa mort, son fils Jean lui succède en 1845. Il confie le château à ses deux fils Godefroy et Paul.
Très jeunes, ils se lancent dans une grande rénovation de celui-ci. La façade Ouest subit de gros travaux. A l'intérieur, le salon actuel est créé, les murs sont décorés. Ils aménagent des chambres au premier étage et installent le chauffage central à air chaud. Les modifications sont nombreuses et leur père voit la facture s'élever. Lui et sa femme meurent en 1848.
Dans la succession, un legs de 10000 francs est accordé à la commune de Charray pour faire une maison d'éducation des pauvres. Cependant, une tournure de phrase dans le texte crée une situation qui se termine au tribunal de Châteaudun, et c'est trente trois ans plus tard que la somme sera versée à qui de droit.
Godefroy, héritier en 1849, était compréhensif ; il fut nommé Maire de Charray en 1852. Il se maria puis divorça (fait très rare à l'époque), et aussitôt il vendit Thierville à un cultivateur de la région pour la somme de 290000 francs.
L'acheteur, Pierre Vrain Roger n'était pas noble. Né à Lutz, marié à Caroline Saillard, il élevait des moutons et était très actif. Il fut Maire de Charray en septembre 1870, puis 1873 et 1878. Il fit démolir le bâtiment en L et construire un contrefort. Lui, ou peut-être son fils, apportèrent le confort moderne à la maison, en installant le chauffage central à eau chaude, l'électricité avec une éolienne, l'eau courante. L'intérieur fut transformé, le parc remodelé, de style romantique. De grandes allées sont bordées d'arbres. Un étang avec ile est implanté. Pierre Vrain Roger meurt en sa maison le 8 mai 1894 à 68 ans.
Sa veuve vit avec son fils Romain très dépensier. Avec sa femme, Mathilde Duru, il vend le domaine par morceaux, dont la ferme d'époque Mérovingienne, et en 1925, c'est le château qui lui échappe. Il ne reste que 18 hectares pour 800 jadis.
L'acheteur, Alexandre Bois, marchand de biens, ravale la façade, vend tous les beaux arbres du parc, pour, en 1929, revendre le tout à Félix Beaudoin qui s'en dessaisit en 1932 au profit d'Henry Geoffroy, époux de Madeleine Marcille pour 350000 francs.
C'est ensuite 1940, la défaite, les allemands occupent la maison. Madame Geoffroy, veuve (son mari est décédé le 2 avril 1941) est dans ses murs. De temps en temps, quand elle le pouvait, elle revolait aux allemands ses couverts en argent. Elle vécut seule au château jusqu'à son décès le 31 juillet 1966 à 88 ans. Sa fille Yvonne Geoffroy hérita d'un domaine en très mauvais état. Fuites d'eau à la toiture, plafonds qui tombent etc.... que faire : le réparer, le détruire, le donner ?
Finalement, Emile Fromy, gendre de Mme Geoffroy, accepta la lourde charge des réparations. Né le 12 juin 1898 à Paris, il était issu d'une famille de marins, corsaires et banquiers bretons. Professeur dans une école d'ingénieurs, il était auteur d'ouvrages scientifiques.
Il fut à l'origine de la renaissance de Thierville et c'est pendant la durée des travaux qu'il effectua, que des fenêtres furent mises à jour sur la façade Sud en 1980. Celles-ci, avec lancettes (accolades horizontales), sont du 15ème siècle. Des portes intérieures d'époques différentes furent aussi découvertes.



Relations Seigneurs - Meuniers :

Le seigneur de La Ferté-Villeneuil devient propriétaire de la rivière de l'Aigre depuis la Ferté jusqu'au territoire de Romilly. En 1630, la seigneurie de la Ferté fut acquise par les seigneurs de Romilly, ceux-ci devenant maîtres de la rivière jusqu'à Bouche d'Aigre.
Le propriétaire du moulin d'Haton demanda en 1762, pour le moulin et ses terres, 30 livres chaque année et 3 quarterons d'écrevisses.
Le meunier du moulin de Saint Laurent donnant 18 canards et 2000 écrevisses, celui du moulin rouge un brochet de 4 livres et 500 écrevisses.
Le droit de justice (litige en 1633 entre le seigneur de Thierville de Charray, propriétaire des moulins de Seguin et de Pauvresac et le seigneur de Romilly).


Autres servitudes :
A Charray : obligation de fournir un lavoir pour les grandes lessives de printemps, ceci pour environ 12 laveuses.

Lavoir :

Le lavoir de 1887, était à l'époque plus long et son toit était en chaume.
Il fut restauré en 1999 par l'Association des Quatre Routes.


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