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Langey, commune du canton de Cloyes, au sud-ouest du département de l'Eure et Loir, à la limite du Loir et Che r. Le territoire de Langey, plus long que large, occupe un plateau relativement élevé au dessus des vallées environnantes. Ce n'est pas encore le plein Perche, mais ce n'est déjà plus la plaine de Beauce. On y trouvait autrefois beaucoup de bois et de charmilles ainsi que des vignobles.
Langey dit autrefois Angeliacum avant 1080, Angellacum en 1227, Parrachia de Langi ; Langegum en 1626, Langé puis Langey. La commune qui a une superficie de 1948 hectares. C'est seulement au 11ème siècle qu'il est fait mention, dans les chartes de ce pays, de son église et de son château. Ancienne Seigneurie, elle portait le nom de ville au 16ème siècle.
La commune est composée de 19 hameaux :
- La Bedaise, ferme appelée Bébèze en 1586.
- Bel-Air, Maison isolée.
- Bois-Auvée.
- Boisraimbourg, appelé autrefois Bois-Raimbert, puis Bois-Raimbourg. Le manoir seigneurial et la chapelle qui dépendait alternativement des paroisses de St-Pellerin et de Langey, furent attribués définitivement à la dernière, par sentence de l'Official du 1er mai 1674.
- Bouard, ferme mentionnée en 1586.
- Chavihny, les religieux de la Madeleine de Châteaudun y percevaient la dîme en 1207 ; appelé Chatigny en 1586.
- Clairbois, ancienne Seigneurie (1586).
- La Filandière, château mentionné comme métairie en 1586.
- Germenet, Germinctum (1177) appelé Gromenet en 1586.
- La Goëspierre, on trouve en 1576 la Goispière, en 1584 la Gouespière.
- Houldebrand, appelé successivement Houdebroin, Houdebroy, Houdebrau (1587) ; était à cette époque qualifié de village.
- La Lardière, ferme appelée la métairie de la Liardière en 1586.
- La Maison Verte.
- Les Maisons Rouges.
- Le Rameau, ancienne Seigneurie avec un château fortifié au moyen-âge appelé Ramel en 1177 ; il n'en restait déjà plus que la place et les fossés en 1766. Ce fief seigneurial fut vendu par le sieur de Villereau, le 12 avril 1404, à Guillaume de Harville de Palaiseau, avec la baronnie d'Ymonville en Chartrain pour 2750 livres.
- Le Souchay, hameau le plus peuplé de la commune, il est traversé par l'ancienne voie romaine empruntée par Jules César et menant d'Orléans au Mans.
- La Tréhandière, ferme appelée autrefois La Tréaudière.
- Veillez, appelé Veilley en 1586.
- Villlebalay, en 1209, Mathieu de Villebalay donna sa terre à l'abbaye de la Madeleine de Châteaudun dont il était un de ses chanoines. En 1226, ces derniers en abandonnèrent l'usufruit, à l'archidiacre Geoffroy de Chardonnelle, qui en fit sa maison de plaisance.
La Maison de Rabelais:
Rabelais, cet insigne satyrique du règne de François 1er, fut médecin de Guillaume et plus tard curé de Meudon. Il avait à Langey une habitation qui existe encore sous le nom de Maison de Rabelais ; elle est la dernière à main gauche en allant à Boisgasson. Ce fut le Cardinal du Bellay qui la fit construire afin d'y loger son protégé et son secrétaire intime auprès de son château. Cette modeste maison aujourd'hui habitation particulière porte le cachet caractéristique de l'époque Renaissance et mérite une attention toute particulière malgré de regrettables mutilations. Au rez-de-chaussée, il existe une belle fenêtre surmontée d'une lucarne et sur le fronton de la façade nord apparaît une sorte de médaillon mettant en relief un buste, malheureusement mutilé. La tradition veut que ce soit « l'image fidèle de l'hôte de cette demeure ».
La Grande-Cour:
C'est le nom de la ferme attenante à l'ancien château. Située face à l'église, on peut y admirer une ancienne grange seigneuriale (grange dîmeresse) du 15ème siècle. Cette construction de forme rectangulaire, ne mesure pas moins de 18 mètres de largeur sur une longueur un peu plus considérable et frappe la vue par son immense toiture aigue, d'une belle élévation.
Voie Romaine:
Un vieux chemin connu sous le nom de « Chemin de César » traversait la commune d'est en ouest. Ce chemin nous ramène automatiquement à l'épôque de l'occupation romaine. L'Empereur aurait d'ailleurs emprunté ce chemin pour aller d'Orléans au Mans. Ce chemin entre sur le territoire de Langey au sortir du bois de la Roche, près de la Tréandière, puis franchit la rivière d'Yerre au dessous de Villebalay, près de l'ancienne fontaine dite de Jules César, traverse le hameau du Souchay, puis celui de Chavigny et quitte la commune pour continuer vers Saint Pellerin et Boisgasson.
Les Seigneurs:
Au Moyen-âge cette cité avait des seigneurs de son nom. Le premier s'appelait Mathieu puis il eut son fils Garnier ainsi que Garnier II. Après eux, la seigneurie passa par la famille de Montigny qui la conserva jusqu'aux environs de 1400, par mariage, cette terre fut portée à l'illustre Maison du Bellay dont le nom signifie « Belliqueux ». L'un de ses membres les plus célèbres fut Guillaume du Bellay historien, diplomate et homme d'Etat remarquable sous François 1er. Il était en outre le frère du Cardinal Jean et l'oncle de Joachim, le poète.
Le Château. Le château de Langey était un monument qui par son énorme masse, attirait forcément les regards de tous ceux qui traversaient le pays. Ce château situé face à la demeure du fermier de la Grande-Cour, mais à l'opposé de l'immense cour, fut détruit jusqu'au ras du sol en 1910. Cette maison vaste et laide, connue sous le nom prétentieux de Château de Langey occupait l'emplacement d'un vieux château seigneurial bâti sur une motte féodale et entouré de fossés. Ce grand logis paraissait avoir été construit vers la fin du règne de Louis XIV, c'est-à-dire au tout début du 18ème siècle.
La Gare:
La ligne de chemin de fer qui reliait Châteaudun à Courtalain (ligne de Patay à Nogent le Rotrou), traversait la commune de Langey. Elle avait été reconnue d'utilité publique le 23 janvier 1872. La gare était au Rameau. 1894-1897, la halte de Langey prend de l'importance, il est demandé à M. le Directeur des Chemins de Fer de l'Etat d'étudier le projet d'une voie de garage destinée à recevoir les wagons de petite vitesse. 1901-1911, projet de construction d'une halle couverte et mise en place d'un service de petite vitesse. Novembre 1922, les cultivateurs de la région demandent la possibilité, puisqu'il y a un quai haut, de charger et décharger le bétail au lieu d'aller à Courtalain. Octobre 1930, construction d'une nouvelle halle à marchandises et pont bascule de 20 tonnes pour le service de la petite vitesse. Octobre 1938, le conseil municipal proteste énergiquement contre la suppression quasi-totale des trains passant par la gare de Langey. Décembre 1940, il n'y a plus de trafic à la gare. Les voies seront démontées plus tard, en 1944, la halle de la gare sert pour stocker du foin. Septembre 1949, la section de Châteaudun à Courtalain de la ligne Patay-Nogent le Rotrou est déclassée. 1960-1961, vente par les domaines de l'ancienne ligne de chemin de fer et des maisonnettes.
La Briqueterie:
Le sous-sol argileux de la commune a donné à M. Dubouchage Jules né en 1861 de fabriquer des briques. La fabrication des briques Dubouchage a commencé aux environs de 1893 au lieu-dit « Les Gas » (actuel Maison Verte route de Châteaudun). En 1900, l'usine est construite au Rameau au long de la ligne de chemin de fer et emploie quelques ouvriers du village. Au fil des années, M. Dubouchage fait construire des maisons d'habitation, des hangars, loue puis achète une ferme. Il a 3 chevaux qui lui servent à tirer des chariots ou tombereaux pour effectuer des livraisons ou emporter les briques dans les wagons de la gare toute proche. Pratiquement tous les entrepreneurs de maçonnerie se ravitaillaient à la briqueterie de Langey connue des environs. M. Dubouchage meurt le 1 4 septembre 1908, ses fils étant trop jeunes c'est Mme Dubouchage avec l'aide d'un contremaître continue l'activité. En 1914, Paul et Raoul ses fils sont mobilisés, l'usine s'arrête et reprend ses activités après la guerre. Le matériel est renouvelé régulièrement, l'usine emploie 20 ouvriers plus 7 à 8 saisonniers l'été. Tout va bien jusqu'à la crise de 1930, la briqueterie reçoit moins de commandes, quelques ouvriers sont renvoyés au fils des mois jusqu'à la fermeture de 1933. L'usine a fait faillite, tout est mis en vente. En janvier 1935, la briqueterie est vendue, mais il faut attendre mai 1937 pour voir de nouveau de la fumée sortir de la cheminée. C'est Raoul Dubouchage et sa femme Antoinette qui l'on rachetée. L'usine emploie 8 à 9 ouvriers, on fabrique des briques pleines, creuses et un peu de poterie. Les expéditions se sont faites longtemps par voie ferrée, puis par camion. En 1960, M. Dubouchage vend l'usine à M. Le Dantec, entre 1960 et 1970, 35 ouvriers sont employés. En 1965, l'usine est démolie puis reconstruite par des Italiens avec l'installation de matériel plus moderne et un élévateur. Le fuel remplace le charbon, le rendement est plus important, mais les briques de moins bonnes qualité et l'usine est en déficit. En 1973, l'usine est de nouveau vendue à M. Bouyer, qui a une autre briqueterie dans les Deux-Sèvres, du nouveau matériel est mis en place, mais l'usine n'est plus rentable et la fermeture définitive aura lieu en 1975.
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