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LE MEE
La commune

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Le Mée, commune du sud-est du département à la limite du Loir et Cher. La commune couvre environ 1900 hectares, elle est majoritairement constituée de terres agricoles (1700 hectares) et d'importantes zones boisées (145 hectares). L'altitude moyenne se situe environ à 130 mètres.
Le centre-bourg groupé autour de son église offre une ambiance de caractère rural grâce à un aménagement simple des bas-côtés avec des murs et des façades de pierres, qui donnent un vrai cachet au village.
L'histoire du Mée, à coup sur très ancienne, est liée à celle de Verdes. Dès 1873, on signale sur la commune du Mée, la découverte d'objets d'époque gallo-romaine et de bâtiments construits « en pierre de petit appareil ».
Des fouilles, deux ans plus tard, lors de déblais ont mis à découvert des fondations romaines situées « au terroir des Grandes Buttes à 1500m du bourg et à 2 km de Verdes ».
Les habitants du Mée s'appellent les Mésiens
Le Mée s'est appelé Mesium, Mesum en 1192 (charte du prieuré de Saint-Hilaire-sur-Yerre), Maisia, 1210, Le Mes (charte de l'Abbaye de Bonneval), Mées en Beauce.

La commune est composée de 6 hameaux et de 3 lieudits:


- Belle Lune, lieudit du Mée.

- La Canche, hameau du Mée qui porte le nom d'un étang que vous apercevrez en contrebas.

- Chardonnelle, hameau du Mée. Mentionné sous le nom de la Féoderie en 1437, Chardonnelles en 1472 (charte de l'Abbaye de la Madeleine de Châteaudun). Geoffroy de Chardonnelle était archidiacre du Dunois en 1220.

- Chublainville, hameau du Mée, mentionné sous le nom de Cheullainville en 1437 (charte de l'Abbaye de la Madeleine de Châteaudun), Cheublenville en 1640.

- Le Jaunet, lieudit du Mée, un moulin est mentionné en 1489 (charte de l'Abbaye de Thiron).

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- Lézanville, hameau du Mée, ancienne seigneurie en 1128, appelé aussi Lézainville.

- Malitourne, lieudit du Mée, est une ferme isolée.

- La Motteraye, hameau du Mée, ancienne seigneurie déjà mentionnée en 1128, suit la rivière l'Aigre. Il représente un attrait important avec la « Cour du Moulin ». La Motteraye s'appelée Motereia en 1202 (charte de l'Abbaye de Saint-Avit près Châteaudun), la Montarea en 1491 (charte de l'Abbaye de Thiron). Fief vassal du Rameau, ressortissait pour la justice au baillage de Châteaudun.

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- Villebeton, hameau du Mée. Ancienne seigneurie, appelée aussi Vilebetun en 1188, Villarebeton, 1193 (charte de l'Abbaye de Bonneval), Villerbeton en 1196 (charte de la léproserie du Grand-Beaulieu), Vilebeton, 1200 (charte du prieuré de Saint-Hilaire-sur-Yerre), Villabeton en 1210.
Pierre de Villebeton vivait en 1197. Château et chapelle privée.

 


Château de Villebeton

Villebeton château du XVIIIème siècle, à l'emplacement d'une ancienne demeure, dont il reste des vestiges des fondations des deux tours. Les extérieurs peuvent se visiter lors des journées du Patrimoine. Chapelle du XIXème siècle.
Le château, les façades et toitures des communs ; chapelle (CAD.ZA 38 à 40, 45) : inscription aux monuments historiques par arrêté du 2 janvier 1995.


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L' Eglise

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L'église Sainte Madeleine date de la fin du XIIème siècle ou du début du XIIIème siècle. Cette église dépendait de Pontlevoy. La nef autrefois éclairée par d'étroites fenêtres, est séparée du chœur rectangulaire, mais plus étroit, par un arc triomphal retombant sur des pilastres : cette dernière partie est éclairée vers l'est par un triplet. Cette construction est très homogène. Le clocher, construit sur le côté sud, à la jonction de la nef et du cœur, est une tour carrée, dont l'épaisseur des murs laisse supposer une fonction défensive. Le portail d'esprit encore roman original en dents de loup, est surmonté d'une vaste fenêtre, ouverte dans le pignon au XVIème siècle. Deux arcades de la même époque ouvraient au sud sur un bas-côté disparu. L'ensemble est couvert d'une voûte lambrissée. A l'intérieur, une statue de la Vierge à l'Enfant, en pierre polychromée peut remonter au XVème siècle.

 


Voies Anciennes

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La voie Chartres-Blois-Bourges limite la commune au sud-est.
La voie Châteaudun-Blois par Verdes traverse la commune au centre : non loin de cette voie on a trouvé des céramiques grises et des briques.



Fontaine des hirondelles

Près de « la Cour du Moulin », cachée par un bosquet, se trouve la « Fontaine des hirondelles », qui ne coule qu'en hiver et au printemps.


Le Mée et la guerre de 1939-1945

Dans la paroisse du Mée, il n'y a eu aucun dégât causé à l'église par fait de guerre.
En juin 1940, Le Mée reçut une cinquantaine de réfugiés, tandis qu'une vingtaine de familles de la paroisse a fui à son tour l'envahisseur.
Les Allemands n'ont occupé le pays que quelques jours et, depuis, n'ont fait que d'individuelles apparitions pour se ravitailler.
La population déplore encore l'absence de 18 prisonniers et de deux déportés du travail. Plusieurs autres, prisonniers ou requis, sont revenus assez heureusement.
Notre écart de tout centre et de toute grande voie de circulation nous a préservés des bombardements directs. Toutefois, les bombes, lâchées par douzaines et fréquemment, sur le camp d'aviation de Châteaudun, a sept kilomètres, a fait, plus d'une fois, trembler les vitres mais non les gens. Aucun dégât matériel n'est à réparer, même pas lorsque, par erreur sans doute, des bombes -quatre au total- sont tombées, à diverses dates, sur l'étendue de la commune.
Le silence de la nuit fut assez souvent rompu par le passage tumultueux d'une nuée de bombardiers en route vers l'Est, passage qui a duré parfois cinquante minutes.
Pour plusieurs habitants, une vision nocturne, féerique autant que sinistre, restera célèbre : c'est celle de l'explosion prolongée du camp de munitions de Châteaudun. Mais là encore, heureusement, il n'y eut nul dégât sur la paroisse.
Six jeunes gens et un homme marié qui, peut-être, s'étaient préparés dans l'ombre, se sont soudain révélés come faisant partie de la Résistance. La population ne les juge pas tous de la meilleure qualité. Aucun fait d'arme ne couronne leur tête, du moins que je sache.
Enfin, après des jours d'attente fiévreuse, la libération de notre petit pays s'effectua. Ce fut le 16 août dans la matinée que les premières voitures américaines s'arrêtèrent en face de l'église. Cris de joie & vivats, bouquets de fleurs et bouteilles rafraichissantes furent de la fête.
L'impression du pasteur fut d'abord réconfortante, en voyant les médailles et les scapulaires s'exhiber, sans respect humain, sur la poitrine de nos libérateurs. L'un d'eux ne vint-il pas spontanément saluer le prêtre en présentant ses camarades catholiques ?
Durant quelques jours seulement, quatre petits camps américains dressèrent leurs tentes chez nous, l'un à La Motteraye où chaque matin la messe se disait, un autre à La Canche, un troisième à Verdoye et un quatrième à droite de Villebeton.
Ils sont partis. Mieux vaut ne pas le regretter outre mesure, pour notre jeunesse.
Et le calme semble définitivement établi sur le territoire du Mée où seuls, sont encore attardés, pour exercer la prudence des enfants, quelques engins non éclatés dans les champs et sur le bord de la route de la Ferté-Villeneuil.

Le 23 novembre 1944

Ch. Combaud
Curé