
Appelé primitivement, Rommilelium en 1160, Ecclesia de Romiliaco en 1177, Romilli en 1188, Romilliacum-in-Pertico en 1246, Romilliacum en 1275, Rommilly en 1455, Romilicum-ad-Arulam en 1626, Romilly-sur-Egre-en-Dunois en 1715. La commune de Romilly-sur-Aigre s'étend sur 1206 hectares. Le village est entièrement traversé par la rivière. L'occupation humaine est co ntinue dans la vallée depuis la nuit des temps. La maladrerie de Romilly-sur-Aigre fut réunie en 1697 à l'hospice de la Ferté-Villeneuil. A l'époque médiévale, il y avait deux seigneuries à Romilly. L'une était appelée le Seigneurie de Romilly dite de la Cour ou de la Grand Cour. Le premier propriétaire connu était Jehan de Montauban en 1442. Il est probable qu'un château existait à cet endroit. L'église actuelle aurait été construite à la place de cette forteresse. L'autre était appelée la seigneurie du Jonchet, possession de Jacques de Lyon en 1537. Ce n'est qu'en 1593 que ces deux domaines furent réunis par Nicolas Sublet. Il adjoignit ainsi le Jonchet à ses domaines déjà importants dans la vallée de l'Aigre : La Ferté-Villeneuil, la Touche, la Grand-Cour, Morgues (près de Moulineuf). Quand il acquit le Jonchet, celui-ci devait être en piteux état. Les guerres de religions se terminaient et le domaine avait été occupé par les ligueurs. Le Jonchet devait être alors une place forte. Les fidèles du Roi firent venir de l'artillerie de Vendôme et délogèrent les ligueurs à coups de canon. Les propriétés furent achetées en 1664 par Jean de Pleurre. Situé au milieu du village, le canal, d'une longueur d'environ quatre cents mètres, qui est une dérivation de l'Aigre. Ce cours forcé de la rivière aboutit à un vannage qui, autrefois fournissait l'énergie à une scierie. Certaines maisons construites dans cette partie basse du village se trouvent ainsi sous le niveau de l'Aigre.
Bouche-d'Aigre, le prieuré Saint Jean et Saint Paul de Bouche-d'Aigre fut fondé vers 1114, il dépendait de l'abbaye de Thiron et appartenait à l'ordre de Saint Benoît. L'église était une ample construction romane comprenant une nef flanquée de bas-côtés et un chœur contourné par un déambulatoire sur lequel ouvraient trois chapelles rayonnantes. Il n'en subsiste plus que les piliers du chœur, couronnés de chapiteaux à crochets. Ces piliers ont été réunis, sans doute au XVIe, par des murs pour former une chapelle couverte d'une belle charpente. Voué à des usages domestiques, l'intérieur est actuellement divisé par un plancher. Des bâtiments claustraux, il ne reste que le logis du prieur, élégamment reconstruit par Louis II de Cravant vers 1535, mais modifié par une restauration radicale de l'architecte Radet autour de 1900. Dolmen et menhir dans la prairie du château de Bouche d'Aigre.
La Baronnerie, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de la Baronnerie ou les Pâtis en 1730.
La Buissonnerie, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Buinonnium en 1133.
Ferme de la Flocherie, ferme de la commune de Romilly-sur-Aigre qui inspira Emile Zola dans "la Terre".
Château du Jonchet, château de Romilly-sur-Aigre situé en aval du bourg. Sa masse se détache sur le revers d'un coteau presque entièrement masqué par les ombrages du parc. E ntourés par de larges fossés, le château se compose de 3 corps de bâtiments et de 5 pavillons. Construit par Pierre Sublet d'Heudicourt, trésorier de l'ordinaire des guerres de Louis XIII, le châteaud du Jonchet n'a guère changé d'aspect depuis Louis XV. Ancienne seigneurie relevant de Montigny-le-Gannelon. La restauration de ce château ruiné a été réalisée par l'architecte Fernand Pouillon
(il s'agit d'un des plus grands architectes français du 20ème siècle, à la fin des années 50.
Launay (le grand et le petit), lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Launay-sur-Aigre en 1536.
Moulineuf, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Molineuf en 1272, Molendinium-Novum en 1280, Moulin des Moulineux en 1610, Molendina-Nova en 1300, Moulins-Neufz en 1525.
Riboeuf, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Risus-Bovis en 1161, Riboif en 1274. Une chapelle consacrée à Saint-Hubert, fut partiellement détruite, elle aussi, à la fin du XVIIIe siècle. C'est aujourd'hui une grange. Cette chapelle était le centre d'un pèlerinage contre la rage.
Rivière, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom Riveria en 1185, Riparia en 1192, Riperia en 1275.
La Rochette, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Molendinum de Rupecula ad Olgriam amnen situm en 1180, Molendinum de Rocheta en 1275.
Le château de Sainte-Barbe, du XIXème siècle est situé au milieu du village.

Saint-Calais, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Un prieuré dépendant de l'abbaye de Bonneval fut entièrement détruit pendant la Révolution. Il n'en a subsisté, jusque dans les années 1950, qu'une porte en plein cintre. Mentionné sous le nom de Sanctus-Carilelfus en 1203, Sainct-Caillais en 1583, Saint-Kaales en 1274, Sainctus-Karileffus en 1275, Sainct-Kales en 1580.

Ferme de la Touche, ferme de la commune de Romilly-sur-Aigre qui inspira Emile Zola dans "la Terre». Chambres d'hôtes. Mentionné sous le Nom La Tousche en 1447, la Touche-Romilly en 1586.
L'église
L'église Saint Pierre de Romilly-sur-Aigre, a été reconstruite vers la fin du XVe siècle, sur un plan rectangulaire, selon trois étapes principales. En premier lieu, la nef est édifiée à la fin du XVe siècle. A l'intérieur, une belle piscine flamboyante indique le niveau de l'ancien sanctuaire.
Vers la fin du XVIe siècle fut ajouté le chœur, constitué de deux travées et d'une abside à trois pans qui avait été prévue voûtée comme en témoignent les colonnettes engagées d'où s'amorcent les nervures des ogives. Sur les lambris du cul de four de l'abside est peinte une scène biblique. La voûte est entièrement lambrissée avec entraits et poinçons apparents. La charpente à été réparée en 1746 et le lambris en 1766 (inscriptions). De plus, 10 croix de consécration sont intégrées dans les murs de la nef et du chœur.
Au XVIIe siècle, un bâtiment d'un étage a été rapporté en avant du pignon occidental. Sa façade encadrée de deux tourelles, est ornée de trois niches à statues et est surmonté de deux fausses lucarnes, dont l'une fait office de cheminée. Toutes ces constructions sont dues à Jean de Pleurre. En entrant sous le porche, un ancien portail à gâble du XVIe siècle est visible. A l'étage existent deux grandes baies gothiques occidentales. A l'intérieur, mobilier du XVIIIe siècle. Ce portail religieux fut transformé en Hôtel Dieu pour les malades de Romilly, de la Ferté-Villeneuil et de Cloyes. A partir du printemps 1720, date de son retour à la Ferté-Villeneuil, cet Hôtel Dieu ne reçut plus de malades. Au XVIIIe siècle, plus précisément en 1731, sont mis en place le retable du maître autel, les lambris et la grille du chœur. La grille du chœur est une récupération de l'ancienne grille de l'abbaye de Saint Avit à Saint-Denis-les-Ponts. Le clocher a été reconstruit probablement au début du XXe siècle. En 1999, des travaux furent exécutés afin d'ouvrir des abies bouchées et de restaurer la voûte lambrissée.
L'Aigre
l'Aigre est une rivière qui prend sa source à Tripleville, dans le Loir et Cher (41). Après un cours d'environ 15 km, l'Aigre se jette dans le Loir à « Bouche d'Aigre » dans le parc du prieuré, sur la commune de Romilly sur Aigre dans l'Eure et Loir (28). L'Aigre traverse la commune d'Est en Ouest, serpente sur environ 8 kilomètres et perd, sur ce parcours, 8 mètres de hauteur. Elle coule donc assez rapidement. Le Loir se jette lui-même dans la Sarthe, puis dans la Maine, qui est un affluent de la Loire.
|