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Cet édifice imposant est construit sur une île tourbeuse formée par deux bras de l'Aigre et peut être daté des années 1170-1180. Il a été précédé par une autre église détruite lors de la construction. Les murs sont en moellons liés à la chaux, les infrastructures, entourages de fenêtres, portails et contreforts, sont en calcaire de Beauce.
Probablement à partir de 1360, cet édifice purement religieux va être doté, de par sa position au milieu d'une île et au centre du village, d'aménagements militaires.
Pour la défense, l'abside est modifiée et le clocher réaménagé, l'église est devenue : LE FORT SAINT MARTIN
LES FONTAINES
A l'origine, le chevet de l'église était composé de trois chapelles encadrées par quatre contreforts. Une fontaine était insérée sous la chapelle axiale. Lors des aménagements militaires, les chapelles ont été démontées et leurs pierres ont servi à doubler l'épaisseur du chevet.
L'accès externe de la fontaine fut condamné. Cette fontaine monumentale est l'élément le plus spectaculaire de l'église. Son bassin rectangulaire est engagé perpendiculairement sous le mur du chevet, et donne accès à deux puisages d'eau différents.
1°- à l'extérieur, puisage public, par l'intermédiaire de trois margelles insérées sous un auvent de pierre soutenu par les contreforts du chevet et deux piliers. 2°- à l'intérieur de l'église, puisage sacré, au centre de la chapelle d'axe qui est devenue la sacristie actuelle, par un puits de section carrée qui s'évase vers le bassin.
La garnison installée dans l'église et le clocher, pouvait par cet accès intérieur à la fontaine s'alimenter en eau et soutenir un siège face à l'ennemi. A l'extérieur, façade ouest, une autre fontaine s'enfonce sous un contrefort. Les deux fontaines ont été redécouvertes de 1987 à 1990. Un important mobilier archéologique y a été recueilli : céramiques, diverses armes, étains.
LE CLOCHER
Cette tour en pierres de taille donne une impression de construction luxueuse élevée grâce à des moyens financiers puissants sous la direction d'un maître d'oeuvre compétent. C'est l'élément le plus tardif de l'église avec une belle décoration intérieure datant de la fin du XIIe siècle. Au XIVe siècle, cette tour de prestige va devenir en même temps que le chevet de l'église un élément fortifié du "Fort Saint Martin". A l'extérieur, des meurtrières sont installées pour couvrir les points stratégiques. A l'intérieur, la grande arcade qui communique avec la nef est fermée et le volume divisé par un plancher de bois

LE MOBILIER DU CHOEUR
Le retable du XVIIe siècle est surmonté d‘une Charité de Saint Martin en pierre. En dessous, un tableau signé L. Loyseau, daté de 1683 a été restauré en 2003. A droite de l'autel, Vierge à l'enfant en pierre tendre, polychromée du XVe siècle.
LES FRESQUES
Elles sont visibles à gauche de la nef et dans le chœur, elles datent de la fin du XVe siècle et ont été découvertes en 1893.
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